Nous rentrons, me semble-t-il, dans une époque où l'on veut faire prévaloir la satisfaction immédiate des intérêts particuliers sur la difficile recherche de l'intérêt général.
Je le vois en politique, lorsque le nouveau président de la République nomme aux plus hautes fonctions de l'Etat des hommes qui placent le reniement au coeur de leur projet.
Je le vois aussi en économie, quand j'entends certains jeunes actifs ou rentiers oisifs porter au pinacle les cadences horaires des salariés chinois, alors même que le parti unique les maintient sous un joug d'un autre âge.
Je le vois enfin dans le domaine social, chaque fois que mon regard glisse sans s'attarder sur la silhouette d'un clochard allongé sur le trottoir, ivre ou malade, mort déjà peut-être.
Face à cette dérégulation rampante des esprits, contre ce qu'il faut bien appeler un dérèglement moral, au sens où l'on parle de dérèglement climatique, un seule réponse s'impose : l'utopie. L'utopie tous azimuts, l'utopie affirmée contre vents et marées, l'utopie envers et contre tout.
L'Utopie : pays imaginaire où un gouvernement idéal règne sur un peuple heureux (Le Petit Robert).
L'utopie républicaine nous aidera à rester lucides face aux mirages économiques auxquels on nous demandera de croire, à l'instar de ces faux villages aux façades prospères mis en place sur le passage du carrosse de Catherine II de Russie par son amant Grigori Potemkine.
L'utopie européenne nous rappellera que le désir de paix a refleuri il y a un demi-siècle exactement, entre la France et l'Allemagne en ruine, et qu'il est de notre devoir d'entretenir sa flamme dans un monde éternellement en proie à des élans d'autodestruction.
L'utopie des droits de l'homme, enfin, nous imposera l'obligation de batailler pour que l'on se penche avec la même considération sur les difficultés et les espoirs de chaque membre de la famille humaine, quelles que soient sa langue, sa fortune, sa foi ou sa couleur de peau.
L'utopie est un pays imaginaire, certes, et doit le rester, de même que l'horizon recule au fur et à mesure que nous avançons. Mais le vrai bonheur promis de l'utopie, ce n'est pas d'atteindre un but somme toute différent pour chacun d'entre nous, mais d'avancer ensemble et d'y croire.
J'ai écrit ce texte après avoir vu la plupart des ex-députés UDF renoncer à avancer sur le difficile chemin de l'utopie, pour s'en retourner sur leurs pas et trahir les leurs. Comme le dit le poète espagnol Antonio Machado, mort à Collioure en fuyant le franquisme :
Je le vois en politique, lorsque le nouveau président de la République nomme aux plus hautes fonctions de l'Etat des hommes qui placent le reniement au coeur de leur projet.
Je le vois aussi en économie, quand j'entends certains jeunes actifs ou rentiers oisifs porter au pinacle les cadences horaires des salariés chinois, alors même que le parti unique les maintient sous un joug d'un autre âge.
Je le vois enfin dans le domaine social, chaque fois que mon regard glisse sans s'attarder sur la silhouette d'un clochard allongé sur le trottoir, ivre ou malade, mort déjà peut-être.
Face à cette dérégulation rampante des esprits, contre ce qu'il faut bien appeler un dérèglement moral, au sens où l'on parle de dérèglement climatique, un seule réponse s'impose : l'utopie. L'utopie tous azimuts, l'utopie affirmée contre vents et marées, l'utopie envers et contre tout.
L'Utopie : pays imaginaire où un gouvernement idéal règne sur un peuple heureux (Le Petit Robert).
L'utopie républicaine nous aidera à rester lucides face aux mirages économiques auxquels on nous demandera de croire, à l'instar de ces faux villages aux façades prospères mis en place sur le passage du carrosse de Catherine II de Russie par son amant Grigori Potemkine.
L'utopie européenne nous rappellera que le désir de paix a refleuri il y a un demi-siècle exactement, entre la France et l'Allemagne en ruine, et qu'il est de notre devoir d'entretenir sa flamme dans un monde éternellement en proie à des élans d'autodestruction.
L'utopie des droits de l'homme, enfin, nous imposera l'obligation de batailler pour que l'on se penche avec la même considération sur les difficultés et les espoirs de chaque membre de la famille humaine, quelles que soient sa langue, sa fortune, sa foi ou sa couleur de peau.
L'utopie est un pays imaginaire, certes, et doit le rester, de même que l'horizon recule au fur et à mesure que nous avançons. Mais le vrai bonheur promis de l'utopie, ce n'est pas d'atteindre un but somme toute différent pour chacun d'entre nous, mais d'avancer ensemble et d'y croire.
J'ai écrit ce texte après avoir vu la plupart des ex-députés UDF renoncer à avancer sur le difficile chemin de l'utopie, pour s'en retourner sur leurs pas et trahir les leurs. Comme le dit le poète espagnol Antonio Machado, mort à Collioure en fuyant le franquisme :
"Il n'y a pas de chemin,
le chemin se fait en marchant.
Le chemin se fait en marchant
Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier
Que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler."
le chemin se fait en marchant.
Le chemin se fait en marchant
Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier
Que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler."