dimanche 13 mai 2007

Y a-t-il un pilote dans l'avion ?

Un jeune militant UMP se réjouit devant moi du succès de son écurie mais reconnaît que la personnalité de son champion ne lui correspond guère. "Quand on monte dans un avion, explique-t-il, on ne demande pas au commandant de bord d'être sympathique, mais de nous mener à bon port".
La métaphore est révélatrice, à mes yeux, d'une conception consumériste de la politique. En établissant une analogie entre le billet d'avion et le bulletin de vote, on assimile la fonction présidentielle à celle d'un prestataire de services chargé d'exécuter une mission contractuelle clairement définie. En prenant l'avion, je suis effectivement certain d'atterrir, sauf incident majeur, là où je voulais aller, généralement dans les délais impartis.
Elire le chef de l'Etat est une autre affaire. Voter pour un candidat, c'est lui signer un chèque en blanc, sur la base de promesses électorales qui n'engagent, pour reprendre une formule célèbre du président sortant, que ceux qui y croient. C'est un geste de confiance, qui engage l'électeur pour un lustre, soit cinq années. Pour ma part, je ne pourrai jamais accorder ma confiance, ni mon vote, à quelqu'un que je n'apprécie pas personnellement.
C'est pourquoi j'ai voté Bayrou au premier tour, et que je n'ai voté ni Royal ni Sarkozy au second tour, tant les deux candidats me paraissaient les deux faces de la même pièce qu'on me refile depuis plus de 25 ans à titre de pourboire politique.
Pour la même raison, je renonce à prendre l'avion piloté par Nicolas Sarkozy pour rallier par mes propres moyens la foule innombrable de ceux qui, venus de toutes parts, se regroupent autour de François Bayrou pour offrir un projet d'union nationale. J'adhère donc avec enthousiasme au Mouvement Démocrate.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Très bon !
Mais pour la dernière phrase, je m'y suis repris à deux fois avant de comprendre que tu adhérai au mouvement démocrate.
Philippe

Anonyme a dit…

Cela signifie-t-il que vous allez émigré hors de France ?