mercredi 24 juin 2009

Demi-portion

Nous voilà dotés d'un nouveau ministre de l'Education en la personne de M. Luc CHATEL. Il occupera cette fonction à mi-temps, parallèlement à son rôle de porte-parole du gouvernement. D'après Wikipédia, c'est aussi un expert dans l'art de vendre des parfums. C'est dire les ambitions de Sarkozy et du nouveau gouvernement Fillon en matière d'éducation !

vendredi 5 juin 2009

Toujours là !

A lire les extraits parus dans la presse au sujet de l'affrontement Bayrou - Cohn Bendit du 4 juin 2009, je me suis d'abord demandé : mais quelle mouche a piqué Bayrou ? Puis j'ai lu l'indicible sur la biographie Wikipédia de Cohn-Bendit. J'ai également écouté avec consternation ce qu'il disait à Apostrophes en avril 1982. Maintenant, j'apprécie que dans une conférence de presse il replace aujourd'hui ce vif échange dans le contexte de fin de campagne tout en conservant un sens profond et en assumant son rejet de propos évoquant des pratiques pédophiles. Donc, toujours présent au côté du Modem et de François Bayrou !

mercredi 11 juin 2008

Faites ce que je dis, pas ce que je fais

Le Figaro m'informe que le budget de L'Élysée a augmenté de près de 10% en 2007, soit trois fois plus que l'augmentation des dépenses de l'Etat.

L'élève Sarkozy se targue de restaurer la morale à l'école, mais il semble ne pas comprendre qu'il faut commencer par payer de sa personne et donner l'exemple. Et non se payer sur la bête. Alors, 500 000 euros pour réaménager son bureau, c'est purement et simplement immoral. Cela correspond à une 41 ans de smic, soit une vie entière de labeur...
A moins qu'il ne s'agisse à nouveau de quelques aménagements d'intérieur gracieusement offerts par son promoteur préféré de Neuilly ?! En tous cas, c'est de le même veine que l'augmentation de salaire d'environ 200 % de l'an dernier.

Il n'aura pas fallu attendre longtemps avant que le naturel vorace de Sarkolusconi ne revienne au galop !

Et pendant ce temps-là, on supprime un poste d'enseignant dans mon école l'an prochain, et une collègue malade n'est pas remplacée deux jours de suite. Va comprendre...

Vivement 2012...

samedi 24 mai 2008

Unasur : un pas de géant vers l'intégration sud-américaine

Un géant planétaire est né vendredi dernier 23 mai 2008 au Brésil : le bébé pèse près de 400 millions d'habitants. Il répond au joli prénom d'Unasur. Les parents sont au nombre de douze. Douze comme les douze pays d'Amérique su Sud : l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l'Equateur, la Guyana, le Paraguay, le Pérou, le Surinam, l'Uruguay et le Venezuela.


Pour la première fois dans l'histoire de l'Amérique du Sud, tous les Etats qui la composent (à l'exception près de la Guyane française) se sont assis à la même table pour parler de leurs intérêts communs au-delà de leurs divergences du moment. Il ont ainsi posé la première pierre d'une Union des nations sudaméricaines destinée, tout comme l'Union européenne, à favoriser le dialogue entre des Etats unis par la géographie mais souvent divisés par l'histoire.

Ce n'est probablement pas un hasard si l'Unasur prend forme au moment précis où les tensions entre la Colombie, le Vénézuela et l'Equateur au sujet de la guérilla des FARC empoisonnent l'atmosphère régionale. Ce n'est pas un hasard non plus si la première présidence en a été confiée à la Présidente du Chili. Classée à gauche dans un pays marqué à droite, Michelle Bachelet a la personnalité et les compétences nécessaires pour aider les pays de la région dépasser leurs querelles. Fille d'un général chilien exécuté sous la dictature de Pinochet, elle-même torturée, elle a su malgré cela tendre la main aux Forces Armées de son pays.

L'arrivée de l'Unasur sur la scène mondiale me paraît donc un événement majeur, pour l'Amérique du Sud et l'Amérique latine en général, mais également pour notre vieille Europe qui trouve ainsi un nouveau compagnon sur la route de l'intégration régionale. La France devrait d'ailleurs jouer un rôle prépondérant au sein de l'Union européenne vis-à-vis de l'Unasur, car la Guyane française est désormais le seul territoire d'Amérique du Sud à ne pas faire partir de la nouvelle union. A ce titre, l'annulation en dernière minute de la participation du président français N. Sarkozy au Sommet Europe-Amérique latine (qui réunissait 50 chefs d'Etats et de gouvernement au Pérou quelques jours plus tôt), pour des raison d'agenda prétendument chargé, constitue d'ailleurs à mes yeux une erreur d'appréciation majeure, alors que justement la France s'apprête à prendre la présidence de l'Union européenne. Mais le monde a déjà compris qu'il ne fallait pas trop compter sur M. Sarkozy.

L'important, c'est que les dirigeants des douze pays d'Amérique du Sud, et bientôt j'espère de l'Amérique latine tout entière, ont trouvé en eux-mêmes la volonté de s'organiser pour placer l'intérêt général de leurs populations au-dessus de leurs différences politiques.

En fondant l'Unasur, les douze pays d'Amérique du Sud montrent au reste du monde la voie à suivre.


Article publié le 26 mai 2008 sur Agoravox.

samedi 17 mai 2008

L'avenir est devant nous

Je reproduis ci-dessous le contenu d'une opinion parue dans Le Monde du 15 mai 2008 sous la signature de M. Patrick Roger, alors que le Nouveau Centre vient d'élire son roitelet.

Dans cette analyse, deux points retiennent particulièrement mon attention :

1) le Nouveau Centre est une "construction artificielle et sans avenir", de l'aveu même des stratèges élyséens qui sont à l'origine de sa fabrication.

2) "la percée de M. Bayrou à l'élection présidentielle et le mouvement qu'il a suscité [ne] sont qu'une des manifestations [des] tendances de fond qui ont commencé à se manifester, en France, mais également à l'échelle européenne, préfigurant un déplacement des lignes politiques. Un cycle se clôt : la décomposition des blocs actuels n'est pas encore achevée, tandis que la reconstruction ne fait que commencer".

Je me réjouis une fois de plus de faire partie du Mouvement Démocrate, une force politique rénovée qui se place, par les attentes et les attaques qu'elle suscite, au coeur du remue-ménage politique européen que nous annonce M. Roger.

Bref, amis du Mouvement Démocrate, l'avenir est devant nous.



Voici le texte de l'article de M. Patrick Roger.


"Le Nouveau Centre, créé après l'élection présidentielle de 2007 par les députés de l'UDF ayant lâché François Bayrou pour rallier Nicolas Sarkozy, tient son congrès de fondation, vendredi 16 et samedi 17 mai, à Nîmes. Un Nouveau Centre, pour quoi faire ? A cet égard, la note confidentielle de l'Elysée, publiée dans Le Monde du 11 avril, détaillant la stratégie visant à affaiblir M. Bayrou, qualifié par M. Sarkozy, le 6 mai, de "conseiller municipal de Pau", a plus d'un mérite. Elle témoigne de l'attention sans relâche que prête M. Sarkozy à son ancien rival. Le président de la République s'implique lui-même dans l'animation des multiples succursales de la majorité : il reçoit, consulte, préside, promeut... Bref, il s'active pour un enjeu de taille : empêcher M. Bayrou de "se refaire"...

Le deuxième intérêt de cette note est d'expliciter le plan de bataille en direction du président du Mouvement démocrate (MoDem) : après l'avoir dépouillé, le neutraliser. Pour éviter l'émergence d'une force politique revendiquant son indépendance, M. Sarkozy s'est efforcé d'appâter des personnalités et des élus venus des rangs de l'opposition ou de la famille centriste en permettant à chacun de constituer sa propre chapelle.

"Nicolas Sarkozy adore le centre. Il l'aime tellement qu'il préfère en avoir plusieurs", plaisante Jérôme Peyrat, un de ses conseillers politiques, chargé du suivi des élus. La stratégie mise en oeuvre porte un nom : la multiplication des centres. Les innombrables principautés dont la création a été encouragée par l'Elysée sont autant de mines placées sous les pas de M. Bayrou. Les élections législatives, puis les élections municipales et cantonales, avant les sénatoriales de septembre, ont jalonné cette offensive. Seul point commun entre ces satellites propulsés au gré de la stratégie élyséenne : leur autonomie est proche de zéro.

Pour continuer à désagréger les soutiens à François Bayrou, il faut aussi leur promettre quelque chose qui en vaille la peine. Aux uns, on a ménagé les conditions de leur réélection ; aux autres, on a promis un poste ministériel ; aux derniers, on assurera de valorisantes situations. La distribution, cependant, a ses limites. Certains s'inquiètent de la durée éphémère des fonctions ministérielles ; ils souhaiteraient bénéficier d'une clause de retour vers l'Assemblée ou le Sénat. Qu'à cela ne tienne : elle sera inscrite dans la prochaine révision constitutionnelle. Elle pourra aussi profiter aux actuels détenteurs d'un portefeuille ministériel. "Ceinture et bretelles", dit-on en langage courant...

Bien servi dans le premier gouvernement Fillon, avec trois postes ministériels (Hervé Morin, Valérie Létard, André Santini), auxquels est venu s'ajouter un quatrième strapontin lors du mini-remaniement d'après-municipales (Christian Blanc), doté d'un groupe parlementaire acquis grâce à la bienveillance de l'UMP, le Nouveau Centre n'a pas fait la preuve de sa pertinence politique. Construction artificielle et sans avenir, il n'apparaît pas susceptible de devenir un point d'ancrage crédible aux yeux des personnalités "ciblées" par l'Elysée : "Il ne recrutera pas plus", constate la note élyséenne. Les prétentions du Nouveau Centre commencent d'ailleurs à agacer dans les rangs de l'UMP.

D'où, aujourd'hui, la nécessité pour les stratèges de l'Elysée de pousser à l'émergence d'un nouveau parti que l'on tenterait de parer du label d'"UDF historique". Après avoir siphonné les élus ayant accompagné M. Bayrou jusqu'en 2007, il s'agit à présent de faire main basse sur les ressources de son mouvement. Michel Mercier, président du groupe centriste du Sénat et trésorier du MoDem après avoir été celui de l'UDF, tiendrait le rôle, dans ce cadre, du "cheval de Troie".

Pour l'Elysée, l'enjeu de ces manoeuvres ne se résume pas à l'anéantissement de l'ex-"troisième homme" de l'élection présidentielle. Après les revers subis par la majorité dans les diverses élections locales, l'exécutif s'inquiète des sénatoriales à venir et des pertes qu'elles vont entraîner. L'accélération des tentatives de regroupement au sein de la majorité présidentielle vise, comme l'explique la note, à "permettre de continuer à compter sur l'ensemble de la famille centriste pour la recherche d'une majorité au Sénat et d'une majorité au congrès".

LE PIÈGE INSTITUTIONNEL

A travers le "comité de liaison", constitué le 9 avril à l'Elysée sous son égide, M. Sarkozy entend structurer la majorité et prévenir toute tentative d'émancipation. Le groupe de travail mis en place sur les européennes de 2009 et les régionales de 2010 pour réfléchir à une modification du mode de scrutin montre que la proposition faite, "à titre individuel", par François Fillon, dans L'Express du 27 mars, ne devait rien au hasard. Une proportionnelle à un tour aurait pour effet de pousser au rassemblement lors du tour unique.

Cette note confidentielle montre aussi que, si M. Sarkozy peut s'accommoder d'une myriade de satellites qui, tous, lui sont plus ou moins inféodés, il n'apprécie guère les tentatives de fédération, ou d'agrégation, susceptibles d'échapper à sa maîtrise. Pas question de laisser Jean-Louis Borloo et le Parti radical valoisien organiser un pôle qui risquerait de devenir une force de pression dans la majorité. Aussi, après avoir tenté d'en dissuader son ministre, veut-il à présent le devancer. M. Sarkozy aime la concurrence, mais sous contrôle. Aussi bien l'idée qu'il puisse y avoir une force alliée mais "différente" au sein de la majorité rencontre-t-elle une forte hostilité dans son entourage.

Mais les dernières consultations électorales ont douché l'euphorie de l'après-présidentielle. Les ralliements à la majorité parés du label d'"ouverture" ne se sont pas traduits par un élargissement de sa surface électorale. Le piège institutionnel a fonctionné, entre le second tour de la présidentielle et les législatives, puis aux municipales, pour "corneriser" M. Bayrou, selon l'expression d'un conseiller du chef de l'Etat. Il n'est pas sûr que le tripatouillage des prochains modes de scrutin suffise à endiguer les tendances de fond qui ont commencé à se manifester, en France, mais également à l'échelle européenne, préfigurant un déplacement des lignes politiques. A bien des égards, la percée de M. Bayrou à l'élection présidentielle et le mouvement qu'il a suscité n'en sont qu'une des manifestations. Un cycle se clôt : la décomposition des blocs actuels n'est pas encore achevée, tandis que la reconstruction ne fait que commencer. De ce point de vue, les petits calculs des stratèges de l'Elysée apparaissent bien dérisoires."

mardi 6 mai 2008

D'accord, pas d'accord

Voici le texte que j'ai soumis au chat organisé mercredi 7 mai par Le Monde avec le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos.

"Bonjour M. le Ministre,

OK pour les nouveaux nouveaux programmes (la répétition est voulue), ils sont compréhensibles par tous, donc par le professeur des écoles que je suis.

OK pour la réduction du temps de travail hebdomadaire des élèves au bénéfice de ceux d'entre eux qui sont en difficulté : vous avez tenu votre engagement du 27 septembre 2007 (voir article précédent). C'est suffisamment rare dans votre gouvernement pour être souligné.

Mais NON aux suppressions de postes d'enseignants : une fermeture est annoncée dans mon établissement à la rentrée prochaine. Cela entraînera la création d'un double niveau et des classes de 30 élèves. Est-là votre botte secrète pour faire remonter le niveau des écoliers français ? Si des postes doivent être supprimés, n'est-ce pas dans les bureaux de votre ministère qu'il faut les chercher ?

Mais NON au gel des salaires : quand aura-t-on à l'Education nationale une gestion moderne des ressources humaines qui rémunère à sa juste valeur le métier d'enseignant ? Une institutrice anglais m'expliquait qu'elle gagnait environ 50% de plus que moi.

NON et NON, enfin, à cette pratique dégradante qui consiste à envoyer dans les écoles des agents municipaux "remplacer" les enseignants grévistes. Surtout quand, pour un salaire journalier d'environ 90 €, les premiers devront distraire un groupe de 15 enfants alors que les seconds enseignent toute l'année, pour le même tarif, à des groupes de 30 élèves ! Vous voudriez humilier les enseignants que vous ne vous y prendriez pas autrement.

OK pour la réforme, mais NON aux coupes sombres.


Etienne, professeur des écoles

Etienne de Laubier,
professeur des écoles"

lundi 21 avril 2008

Porteuse de flamme chinoise en fauteuil roulant : mais où étaient les hommes en bleu ?

Le Figaro revient sur l'épisode de "l'agression" de Jin Jing, la jeune sportive chinoise handicapée lors du parcours tronqué de la flamme olympique à Paris, le 7 avril dernier. Le quotidien reproduit à cette occasion la vidéo de l'incident prise par les journalistes de Rue.89 :



En regardant cette vidéo, je constate que, sur ce tronçon du parcours de la flamme, la sécurité n'est assurée à ce moment-là que par les policiers français. Ces derniers sont visiblement dépassés par les événements. Pourquoi les désormais fameux hommes en bleu du service d'ordre chinois n'étaient-ils pas là, alors qu'ils ont été omniprésents sur le reste du parcours ? Se sont-ils volontairement tenus à l'écart, se servant de la jeune sportive en fauteuil roulant comme d'un appât afin de susciter un incident et de retourner l'image à leur avantage ? Il y a là matière à enquêter, messieurs les Rouletabille de la presse!